Les chroniques quotidiennes d'une chômeuse à Paris
28 Février 2013
Après une traversée du désert de 15 jours ou je n'ai reçu aucune nouvelle d'un futur big boss, la semaine dernière j'ai eu 6 entretiens !. J'avoue que je n'en revenais pas, ça ne m'est jamais arrivé une situation pareille ! je me suis demandé si c'était dû à mon acharnement d'envoyer des candidatures à tout va ou si enfin ma bonne étoile avait décidé de se remuer un peu... J'ai vécu le rêve de tout chômeur : avoir quelqu’un qui daigne jeter un oeil sur votre beau cv pour finalement décider de vous appeler.
Vous m'auriez vu, telle une assistante de direction avec 10 ans d'expérience, enchaîner les entretiens téléphoniques et planifier sur mon agenda deux entretiens par jour parfois à l'opposé de Paris. Il fallait penser à tout: s'accorder des plages horaires pour les préparer ces fameux entretiens, prévoir deux heures de trajet aller/retour pour chacun d'entre eux et surtout se conditionner pour avoir un moral d'acier le jour J !
Moi qui attendais cette situation depuis longtemps et qui n'osais même pas en rêver ! et bien je dois avouer que j'ai craqué. En milieu de semaine et après 4 entretiens, toutes mes remises en questions oubliées sont remontées à la surface. Au final, qu'est-ce que je veux ? si l'un me dit oui , est ce que j'accepte alors que l'autre job me plait plus? est ce que j'ai fait bonne impression, est ce qu'ils vont me rappeler ? bref ça s'appelle trop de pression ! ou trop de choix tue le choix ! quand soudain l'horreur me vient à l’esprit, et si finalement j'avais réussi à tous les rater ces entretiens ? si jamais, parmi les 6 aucun ne me proposait véritablement un job ?
Se vendre auprès de boite, est un exercice simple pour certains, mais pour d'autres dans mon cas, c'est aussi le moment de faire le point sur ce que l'on veut vraiment, sur ses qualités, ses défauts avec parfois le sentiment de n'avoir pas toujours fait les bons choix. Bien sur je ne montre rien devant le recruteur, mais une fois sur mon ami canapé, le doute s'installe en revoyant le film de ma vie professionnelle.
Ce qu'il y a de terrible quand on cherche un job depuis 6 mois voire plus, c'est qu'on se dit que le premier qui nous dit oui et bien on dit oui aussi, mais c'est aussi accepter parfois un job super mal payé, loin de chez nous ou sous dimensionné en se disant qu'on a pas le choix. Ben zut alors j'ai attendu 6 mois de trouver un job, pour au final prendre ça ! Et bien oui, et les médias n'arrangent rien avec leur discours anxiogène.
Moi c'est ce que j'ai toujours fait , j'ai très souvent accepté des jobs qui me plaisait moyennement et souvent dans des secteurs d'activités qui étaient loin du mien. Aujourd'hui je dois justifier de mes choix auprès de recruteurs alors que le choix je ne l'avais pas ! et hors de question de dire à un recruteur qu'on avait pris le job pour payer son loyer, en France ça ne se fait pas ! super big boss serait trop froissé à l'idée de penser que ses employeurs ne sont pas là pour l'amour du job mais bien pour remplir leur caddie de supermarché. Drôle de mentalité et belle hypocrisie tout ça ! Malgré tout et c'est pour ça que la vie est géniale, il arrive parfois qu'on se retrouve dans une boite qui à la base ne nous plait que très moyennement, mais l'ambiance est tellement sympa, ou le salaire pas trop mal, qu'au final, on s'y plait. C'est ce qu'on appelle les hasards du destin. Tiens, le destin, il faudrait qu'il se remue un peu aussi celui-la!
Au bout du compte sur les 6, deux sont déjà mort : l'un parce que parler anglais toute la journée avec des malaisiens en conf call m'a fait peur, et l'autre parce que le descriptif du poste sur l’annonce ne correspondait pas au vrai job à pourvoir ! et oui c'est surprenant mais ça existe ! Un autre me semble également en mauvaise voie vu que le type, un fils à papa m'a franchement pris de haut. Bon, et bien sur 6 il n' en reste plus que 3, ça va vite ! Choix, il n'y aura peut -être pas en fait. Affaire à suivre !